Honorine d’Userche d’Isabelle de Charrière

Roman lu dans le cadre du challenge « Femmes de Lettres » Saison 2

Le challenge est proposé par Les Livres de George. Il s’agit de lire des auteurs féminins du XVIIe au XXIe siècle, répartit en plusieurs catégories, de partager nos billets et de faire un lien vers le blog Les Livres de George.

Pour moi c’est dans la Catégorie « Miss de Lettres » Lire un auteur par siècle quel que soit sa nationalité et quel que soit le genre littéraire.

Honorine d'Userche

 

Quatrième de couverture :

Ne pouvant donc lui échapper, je me rendis au Luxembourg. Elle m’attendait et vint à moi aussitôt qu’elle m’aperçut. Je fus frappé à l’aspect de sa personne tout à fait formée, et qui joignait à la fraîcheur du premier âge, la grâce et l’assurance que donne le sentiment de ce que l’on est et de ce que l’on peut. – vous avez peine à me reconnaître, me dit-elle en souriant, en dois-je être fâchée ? Je l’assurai qu’elle n’avait que gagné depuis près d’un an que je ne l’avais vue. Ses yeux en effet me parurent plus vifs, et je remarquai que des cils et des sourcils bruns, donnaient chez elle à des yeux bleus une beauté qu’ions ont rarement. Imaginez avec cela de beaux cheveux blonds, une grande blancheur, assez d’embonpoint, une stature au-dessus de la médiocre, une démarche ferme et fière, et vous aurez une idée d’Honorine d’Userche telle qu’elle était à quatorze ans et demi ; depuis, elle a grandi encore et encore embelli, jusqu’à ce que le malheur ait fané tout à coup cette fleur éblouissante. Elle a perdu son éclat, mais les formes sont restées ; à présent elle attendri ou plutôt elle tourmente le cœur ; alors elle enchantait.

Ce que je pense du roman : d’une écriture raffinée, le thème en est l’éducation des femmes de l’aristocratie et dépeint les meurs de son temps, mariages arrangés, maîtresses, enfants cachés. Une histoire d’amour impossible.

Après mes recherches sur l’auteure, j’ai surtout envie de partager son parcours de femmes au XVIII° siècle au moment de la révolution. 

 

L’auteur :

Isabelle de Charrière, plus connue aux Pays-Bas sous son nom de jeune fille, Belle van Zuylen, naît près d'Utrecht, en Hollande, le 20 octobre 1740. Issue d'une ancienne famille aristocratique, elle se distingue très jeune par son esprit d'indépendance, sa curiosité intellectuelle et son talent pour les lettres.

Elle entre en littérature à l’âge de 20 ans avec la publication anonyme de « Le Noble » (1762), une satire ironique des préjugés de son milieu social.

Après plusieurs projets de mariage qui échouent les uns après les autres, Belle épouse en 1771 Charles-Emmanuel de Charrière, un gentilhomme vaudois établi à Colombier, dans la principauté de Neuchâtel, en Suisse. Mésalliance aux yeux de beaucoup, puisque son époux est l'ancien précepteur de ses frères, c'est à ce prix pourtant qu'elle conquiert la liberté dont elle a tant soif.

A partir de 1784 commence une période d'intense activité littéraire, qui ne s'arrêtera que peu de temps avant sa mort, à l’âge de 65 ans, le 27 décembre 1805, dans sa demeure du Ponter à Colombier.

La réflexion politique occupe beaucoup les esprits dans les années qui suivent la Révolution française et l'œuvre d'Isabelle de Charrière en porte la trace ; nombreux sont les romans, pièces de théâtre et pamphlets qui se font l'écho des événements qui agitent la France. Les mêmes préoccupations se retrouvent dans les lettres qu'elle échange avec ses correspondants, dont Benjamin Constant.

Epistolière prolixe, Isabelle de Charrière a aussi été un mentor ambitieux et affectueux pour des jeunes filles de son entourage à qui elle enseignait l'anglais, conseillait des lectures ou qu'elle initiait à l'écriture de romans. Passionnée de musique, elle s'est également essayée à la composition. Il nous reste d'elle des romances, des menuets, des sonates ainsi que des livrets d'opéra.

Belle lecture et merci au blog "les livres de George" pour ce Challenge